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Digestif-Gastrique

Publié le 11 mar 2024Lecture 3 min

Lutter tous azimuts contre les cancers digestifs chez les moins de 50 ans

Sylvie LE GAC, Courbevoie

Mieux comprendre, dépister et soigner les cancers digestifs, en augmentation chez les patients de moins de 50 ans, avec l’objectif d’enrayer cette dynamique, et guérir le cancer au XXIe siècle, telle est la détermination des initiatives portées par Gustave Roussy. Explications.

Le projet YODA (Young Onset Digestive Adenocarcinoma), qui sera ouvert en 2024, est porté par les docteures Alice Boilève et Cristina Smolenschi. Il vise à explorer les facteurs méconnus liés à l’apparition de cancers digestifs précoces, et identifier les personnes à risque pour leur proposer des stratégies de prévention.  YODA visera à mesurer, à l’aide d’une cohorte de patients jeunes (20-49 ans) et d’une cohorte de patients âgés (65-70 ans), les possibles effets de la pollution environnementale, de la nutrition et du mode de vie dans l’apparition de cancers digestifs précoces. Cette étude entend également élucider les signatures moléculaires chez les patients jeunes, pour développer des approches de médecine de précision, et proposer un plan de prévention adapté aux cancers digestifs à apparition précoce. En 2019, une étude(1) se basant sur les données de 143,7 millions de personnes vivant dans 20 pays européens, dont la France, a montré qu’entre 2004 et 2016, les cas de cancers colorectaux ont augmenté de 7,9 % chaque année chez les 20-29 ans. Pour les 30-39 ans, une hausse de 4,9 % a été observée entre 2005 et 2006. Et ceci sans qu’aucune explication scientifique claire ne soit identifiée par les chercheurs.  Cette tendance s’observe également pour le cancer du pancréas. Aux États-Unis, entre 2001 et 2018(2), une hausse des cancers du pancréas de 2,36 % chez les femmes de moins de 55 ans a été mesurée, et de 0,62 % chez les hommes de la même tranche d’âge. On estime que cette maladie sera la 2e cause de mortalité par cancer en France à l’horizon 2030.   Intercepter plus de cas Pour les cancers digestifs, la prise en charge précoce des patients à risque est primordiale. Détectés assez tôt, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10 ; 8 cas sur 10 pour le cancer du pancréas lorsqu’il est opérable.   Le programme Interception propose un parcours dédié aux patients porteurs d’un syndrome de Lynch, une maladie autosomique dominante, responsable d’environ 2 à 3 % des cas de cancers colorectaux. En une journée, les participants reçoivent des informations sur la maladie, les pratiques à adopter pour éviter son apparition, et repartent avec un programme de suivi. Gustave Roussy a également mis en place au sein d’Interception un parcours destiné aux personnes porteuses du syndrome rare de Li Fraumeni qui prédispose au cancer. L’IHU Prism, porté par Gustave Roussy, se concentre sur la médecine de précision. Ses équipes travaillent à l’élaboration d’un test de dépistage précoce du cancer du pancréas, en se basant sur le profil moléculaire de 200 tumeurs du pancréas à un stade très précoce, et en les comparant aux analyses d’un groupe de personnes sans tumeur.   Augmenter la participation au dépistage et accélérer le diagnostic Gustave Roussy est à l’initiative de “Colodépist” pour proposer aux personnes qui présentent un test positif ou des antécédents familiaux une prise en charge rapide. Une première consultation est organisée à Gustave Roussy dans un délai d’une semaine, suivie d’un rendez-vous avec un anesthésiste, puis un endoscopiste, pour programmer une coloscopie sous anesthésie générale dans les 15 jours. Cet examen est réalisé en ambulatoire, et les résultats communiqués au patient le jour même, ceux des éventuelles biopsies dans la semaine.  Concernant le cancer du pancréas, Gustave Roussy a inauguré début 2024 le parcours « InstaDiag Foie et pancréas » ouvert à tout patient ayant une suspicion ou un diagnostic récent de cancer du pancréas ou du foie. Il débute par une première consultation sous 48 heures, avec un accueil multidisciplinaire par différents spécialistes. Des premiers examens d’imagerie sont réalisés, et d’autres, tels qu’une endoscopie ou une biopsie, programmés sous 7 jours. Enfin, une consultation de synthèse est planifiée et le patient orienté vers un traitement spécifique. 

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