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Pneumologie

Publié le 06 juin 2024Lecture 2 min

ASCO 2024 | CBPC localement avancés : zoom sur l’étude ADRIATIC

Sylvie LE GAC, Courbevoie

Depuis plusieurs années dans les grands congrès internationaux, les avancées thérapeutiques dans les cancers du poumon marquent les esprits. L’ASCO 2024 en est la preuve. Cette année, les cancers bronchiques à petites cellules localement avancés bénéficient de l’immunothérapie en traitement de consolidation après radiochimiothérapie. Retour sur les résultats de l’essai ADRIATIC.

Les CBPC concernent 15% des cancers du poumon, ce sont des cancers très agressifs, dépendants du tabac. Jusqu’à présent, c’est le parent pauvre des avancées thérapeutiques dans les cancers du poumon. Mais les choses bougent. L’étude ADRIATIC de phase 3, multicentrique, présentée en session plénière s’est intéressée aux formes localement avancées sans métastases décelables au moment du bilan (environ 25 % des cas) ; ces patients sont traités depuis plus de 20 ans par une association chimiothérapie et radiothérapie avec une survie à 5 ans de l’ordre de 15 % à 30 %. Dans ADRIATIC, après avoir reçu chimio+RX, ces patients (730) ont été randomisés soit pour recevoir une immunothérapie de consolidation pendant 2 ans par durvalumab (D), anti-PDL1, associée ou non au tremelimumab (T), anti-CTLA4, soit un placebo (P). À l’ASCO 2024 ont été rapportés les résultats en termes de survie sans progression (SSP) et survie globale (SG) concernant les bras D (n = 264) versus P (n = 266), avec une lecture centralisée des résultats. Au 15 janvier 2024, la durée médiane du suivi de la SG et de la SSP chez les patients des groupes D et P était de 37,2 (0,1-60,9) et 27,6 (0,0-55,8) mois, respectivement. La SG a été significativement améliorée avec D vs P (HR 0,73 [95% CI 0,57-0,93] ; p = 0,0104 ; SG médiane 55,9 vs 33,4 mois. La SG à 36 mois était de 57 % dans le bras D versus 48 % dans le bras placebo. La SSP a également été significativement améliorée avec le D par rapport au P (HR 0,76 [95% CI 0,61-0,95] ; p = 0,0161) ; SSP médiane 16,6 vs 9,2 mois ; taux de SSP à 24 mois 46,2 % vs 34,2 %. Le taux d'effets secondaires graves était le même dans les deux groupes (24 %). Environ 16 % des participants du groupe durvalumab ont arrêté le traitement à cause des effets secondaires, contre 11 % dans le groupe placebo. Environ 38 % des participants du groupe durvalumab ont développé une pneumopathie interstitielle, un effet secondaire connu de ces traitements de radiothérapie et d'immunothérapie, contre 30 % dans le groupe placebo. Le taux de pneumopathie sévère, considérée comme de grade 3 ou 4, était similaire entre les deux groupes (3,0 % dans le groupe durvalumab et 2,6 % dans le groupe placebo).   En conclusion Pour les auteurs de cette étude, le durvalumab comme traitement de consolidation après la chimio+RX a démontré une amélioration statistiquement significative et cliniquement significative de la survie globale et de la survie sans maladie par rapport au placebo chez les patients atteints de CBPC localement avancés. Le durvalumab a été bien toléré et les effets indésirables ont été conformes au profil de sécurité connu. Ces résultats pourraient aboutir à un nouveau standard thérapeutique concernant le traitement de consolidation par durvalumab pour les patients atteints de CBPC localement avancés qui n'ont pas progressé après la radiochimiothérapie.

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