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Congres cancerologie pratique

Publié le 09 jan 2023Lecture 3 min

Actualisation des résultats de l’essai EMERALD : Élacestrant en fonction de la durée de l’exposition aux inhibiteurs de CDK4/6

Delphine LOIRAT, oncologue médicale, Institut Curie, Paris
Actualisation des résultats de l’essai EMERALD

Pour la prise en charge des cancers du sein métastatiques RH+ HER2-, la première ligne thérapeutique est basée sur l’association d’hormonothérapie (soit un inhibiteur de l’aromatase [IA] soit le fulvestrant [un SERD, modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes] administré en intramusculaire) à un inhibiteur de CDK4/6(1). À progression, les recommandations sont préférentiellement de proposer une seconde ligne d’hormonothérapie soit en monothérapie, soit associée à une thérapie ciblée, l’évérolimus ou l’alpélisib (inhibiteur de PIK3CA) qui n’est pas disponible en France(1). Il existe peu de données, notamment dans le cadre d’essais de phase 3 évaluant l’efficacité de ces secondes lignes thérapeutiques post-inhibiteurs de CDK4/6.

D’après la communication de A. Bardia et coll. (Boston, États-Unis).  Abstract GS3-01. EMERALD phase 3 trial of elacestrant versus standard of care endocrine therapy in patients with ER+/HER2- metastatic breast cancer: Updated results by duration of prior CDK4/6i in metastatic setting. San Antonio Breast Cancer Symposium 2022.   La progression sous hormonothérapie, notamment sous inhibiteur de l’aromatase, est due à l’acquisition de mutations de ESR1 (gène codant pour le récepteur alpha aux œstrogènes). Les SERD oraux de nouvelle génération peuvent permettre une réponse malgré la présence de mutations de ESR1.   Amélioration de la survie sans progression (SSP) retrouvée aussi en présence de mutation de ESR1 L’essai de phase 3 EMERALD a démontré la supériorité en termes de survie sans progression (SSP) de l’élacestrant, SERD oral versus hormonothérapie au choix de l’investigateur (treatment physician choice [TPC], soit IA, tamoxifène ou fulvestrant) pour des patients préalablement traités au stade métastatique par une à deux lignes d’hormonothérapie dont une à base d’inhibiteurs de CDK4/6, et au maximum un ligne de chimiothérapie(2). La SSP était augmentée dans l’ensemble de la population (HR = 0,70 ; IC 95 % : 0,55-0,88 ; p = 0,002) et cet avantage en termes de SSP était retrouvé dans le groupe des patients ayant une mutation de ESR1 détectée sur l’ADN tumoral circulant (HR = 0,55 ; IC 95 % : 0,39-0,77 ; p = 0,0005).  L’analyse de cette étude a été actualisée en présentant l’analyse de la SSP en fonction de la durée d’exposition aux inhibiteurs de CDK4/6.   Quelle que soit la durée de l’exposition aux inhibiteurs de CDK4/6, la SSP est en faveur du bras élacestrant L’essai EMERALD a été mené sur 478 patients, dont presque la moitié avait une mutation de ESR1 : 70 % d’entre eux avaient des métastases viscérales et 43 % avaient reçu deux lignes d’hormonothérapie et 22 % une ligne de chimiothérapie. Les données de SSP de l’essai EMERALD ont été analysées selon la durée d’exposition aux inhibiteurs de CDK4/6, au moins 6 mois (87,5 % des patients), au moins 12 mois (66,7 % des patients) et au moins 18 mois (46,7 % des patients). Quelle que soit la durée de l’exposition aux inhibiteurs de CDK4/6, la SSP est en faveur du bras élacestrant (figure). Figure. Survie sans progression selon la durée d’exposition aux inhibiteurs de CDK4/6 (toute la population).   Le sous-groupe de patients ayant été exposé aux inhibiteurs de CDK4/6, à plus de 18 mois, avait une SSP plus longue dans les deux bras : 5,4 mois bras élacestrant vs 3,3 mois bras TPC (HR : 0,70 ; IC 95 % : 0,482-1,019). Pour le sous-groupe avec une mutation de ESR1, il existe également un bénéfice en SSP de l’élacestrant quelle que soit la durée d’exposition aux inhibiteurs CDK4/6. Pour une durée d’exposition > 12 mois, la SSP est de 8,6 mois dans le bras élacestrant vs 1,9 mois dans le bras TPC (HR : 0,41 ; IC 95 % : 0,262-0,634). Le profil de toxicité de l’élacestrant est similaire à celui déjà rapporté(2), marqué principalement par des nausées, dont 2,5 % de grade 3. Ces nausées conduisent à 1,3 % d’arrêt du traitement.  

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